Rencontre avec nuada (suite 3)

Suite du dernier texte The Becoming centré sur Nuada Airgetlám. Ce texte est divisé en 7 et voici la quatrième partie.

Voici la suite du texte centré sur Nuada Airgetlám.

Le Devenir : Les épreuves de Nuada Airgetlám – Partie IV

Lorsque Nuada sortit de The Depths, il trouva un monde totalement différent de celui qu’il avait quitté. De fait, le temps n’avait pas le même rythme dans cet endroit étrange. Par exemple, à sa sortie du premier passage secret, il découvrit que ce qu’il avait vu comme un petit campement de Tuatha Dé Danann était maintenant devenu une ville. Plus important encore, beaucoup de personnes n’avaient pas idées de qui il était, sinon une sorte de légende. Nuada était relativement perplexe, et même sans voix lorsqu’il demanda ce qui s’était passé durant les dernières années. Apparemment, il avait disparu un peu plus d’une centaine d’années, mais quand il se regardait dans un miroir, il n’y voyait aucune marque du temps passé. Il était vraiment en colère face à cette nouvelle, mais il enragea alors qu’un badaud lui conta l’histoire de “Bres le Béni”, et sa manière de diriger le royaume. Il fallut tout ce qu’il restait de sa maigre patience pour lui éviter de trancher la tête du pauvre homme, lui ayant simplement donné la nouvelle. Au lieu de ça, Nuada l’empoigna par la gorge et serra jusqu’à quasiment le tuer, avant de se rendre compte qu’il ne faisait que conter la vérité, du moins tout aussi bien qu’il pouvait la comprendre. S’éloignant violemment, tel un prédateur ayant loupé sa proie, Nuada jura une nouvelle fois qu’il tuerait Bres. Une fois cela fait, il retournerait dans The Depths et utiliserait ses pouvoirs pour guider son peuple vers un destin encore plus brillant, parmi les plus grand des Royaumes, et, bien entendu, gagner au passage un peu de gloire personnelle. Après tout, qui sait? Grâce aux pouvoirs de The Depths, tout lui était possible!

Durant la décennie suivante, il voyagea dans les terres des Tuatha Dé Danann, contemplât le mécontentement de son peuple. A dire vrai, bien que tout paraissait agréable en surface, tout était semblable à un chaudron prêt à exploser, et Nuada n’avait aucun scrupule à augmenter la température de quelques degrés. Il y avait beaucoup de discussions concernant les problèmes entre les trois Royaumes de ce monde. L’unité construite sur de nombreuses générations commençait à montrer quelques signes de faiblesse. Personne ne connaissait vraiment la cause de ce déséquilibre, mais aussi bien que Nuada pouvait le comprendre, cela avait commencé lorsqu’il était entré avec ses compagnons dans The Depths. Mettant de côté ses pensées, il monta petit à petit une petite armée faite des rebuts de la société Tuatha Dé Danann. Rassemblés parmi toutes les races de son Royaume, il les entraîna sans merci, forgeant un bataillon aussi puissant que son épée d’obsidienne.

La rumeur du retour de Nuada circula rapidement, accompagnée de nombreuses histoires, souvent exagérées, sur son armée et les *trésors* qu’il avait découvert dans The Depths. De fait, durant sa période dans les tréfonds de cet endroit, il avait gagné une réputation effroyable. Peu de ceux qui y étaient entrés possédaient encore assez de santé mentale pour pouvoir parler de leurs mésaventures et survie. Cependant, ce dont on parlait plus encore que son périple dans The Depths, c’était son épée, celle qu’il portait durant ses combats. De nombreuses fables circulaient sur cette épée, qu’elle avalait l’âme des hommes, tel l’on suce la moelle des os, qu’elle était intelligente, comment elle était la maîtresse de l’esprit de Nuada, toutes jaillissant telles fleurs au printemps. Nuada était non seulement ravi par ces rumeurs, mais il les avivait, mettant en scène quelques événements pour la foule lors de ses voyages. S’il devait faire un peu le spectacle pour gagner un peu de support, il le faisait. Tout ce qui comptait pour lui, c’était d’atteindre ses buts. Seuls quelques compagnons de confiance, si l’on pouvait les appeler ainsi, connaissaient la vérité, et, alors que Nuada et son armée approchaient de Tir na nOg, le paysage semblait sentir l’arrivée de la prochaine tempête, s’apaisant, calme et plein de silence. C’était comme si tous les êtres vivants sur son chemin avait simplement décidé de partir ailleurs, alors qu’il continuait sa marche implacable vers la capitale des Tuatha Dé Danann.

Les mois suivants, la frustration de Nuada grandissait sans cesse, alors que le siège ne semblait pas voir d’effet sur la ville et ses habitants. La capitale des Tuatha Dé Danann avait été construite pour résister facilement à un siège. Durant des décennies, les mages de la ville lui avaient conféré de nouveaux et puissants enchantements, renforçant un peu plus ses défenses. Nuada savait que seuls le temps et la patience l’aideraient à atteindre son objectif, et même si cela devait prendre des années, il était prêt à faire face et attendre le temps qu’il faudrait. Alors que les rangs de son armée grossissaient petit à petit, les citoyens de la ville semblaient continuer leurs petites vies comme si de rien n’était. Le Festival de la Cour d’Hiver était encore à l’ordre du jour, et les sons des festivités et des réjouissances résonnaient dans tous les murs de la ville. Même si aucun sort de vision et de divination ne pouvait voir ce qui se passait à l’intérieur, Nuada savait que son siège échouait. Il commença à penser à la défaite, mais un simple regard porté vers son bras ou son épée suffisait à raviver sa haine contre Bres et même contre son propre peuple. Comment pouvaient-ils le traiter ainsi, pensa-t-il. Il était leur premier roi! Il avait combattu lors de nombreuses batailles, tué un nombre incalculable d’abominations, afin de les protéger. Et maintenant, ils avaient fait serment d’allégeance à un être qui n’était digne que de la mort. Une fois sa victoire totale atteinte, il rassemblerait la Cour afin de découvrir qui l’avait trahi afin de tous les faire payer, peu importe jusqu’où il aurait à remonter, même sa famille s’il le fallait. Et alors que l’hiver se faisait plus rude encore sur la ville et l’armée de Nuada, il n’y avait aucun signe, des deux côtés, d’une quelconque reddition.

Quelques mois plus tard, alors que la neige commençait à fondre, Nuada était toujours face aux portes de la ville, assez loin pour ne pas les franchir, mais assez proche pour ne pas les laisser intactes. Avec l’arrivée du printemps, sa haine se développa encore plus, tels les bourgeons aux arbres, et il déversa cette colère sur ses proches. Alors que le moral de son armée était en chute, un premier événement vint rompre l’impasse dans laquelle ils se trouvaient; on avait capturé un citoyen de la ville, une soigneuse Hamadryade. Accompagnée à la tente de Nuada, celui-ci la reconnu au premier coup d’oeil – c’était elle qui l’avait soigné de nombreuses années plus tôt. Pour la première fois, en plus d’un siècle (du moins dans le monde réel), Nuada sentit une émotion douce et agréable, un souvenir de ce qu’elle avait fait pour lui. Il s’approcha d’elle; bras ouverts comme pour l’embrasser et étreindre un être cher depuis longtemps perdu, mais elle le repoussa dans un geste d’horreur. Il vit comment son antenne s’agitait en signe d’avertissement, et sa queue prenant une position agressive.

“Ne vous approchez pas de moi. Vous n’êtes pas Nuada, vous êtes une abomination !” dit l’Hamadryade.

Il fut pétrifié par ces mots, son esprit n’étant pas capable de percevoir en lui de changements, hormis son bras doré. Il lui répondit en s’énervant, lui disant qu’il était bien Nuada, et que seul son bras avait changé. Peut-être un peu plus sage, mais pas si différent que le Tuathé Dé Danann qu’il était avant la trahison de Bres.

“Vous ne le voyez vraiment pas?” dit-elle, secouant sa tête si violemment que Nuada crût qu’elle allait se blesser.

“Voir quoi?”, dit-il, “Je ne vois rien d’autre que le réel roi de ces terres et de ses peuples. C’est vous qui voyez des choses étranges.”

“Votre bras. Il est tel une araignée, et votre épée irradie une lueur si maléfique que l’on a pu la voir un jour avant votre arrivée ici.”

“Que vous est-il donc arrivé pendant mon absence? Mon bras est fait d’un métal pur, et il me sert bien. Et mon épée n’est pas maléfique, ce n’est qu’un outil. Un outil que je vais utiliser afin de reprendre ma ville et la gouverner comme il se doit”, dit Nuada.

“Vous gouvernerez cette ville?” dit l’Hamadryad, “Mais il ne reste rien de la ville à gouverner”.

“Vous êtes vraiment folle,” répondit-il, avec plus d’une touche de pitié et dédain dans ses paroles, “Je fais face à la grande capitale Tir na nOg, alors que son peuple me résiste bêtement, et dont le roi n’est qu’un lâche qui se cache tel un rat qu’il est.”

L’hamadryade fut surprise par ces mots, secouant la tête une fois de plus.

“S’il vous plaît, mon seigneur et roi,” dit-elle, prenant un nouveau ton plus doux, “Que voyez-vous face à vous?”

“Si c’est un jeu,” dit Nuada, “Je vous préviens, je ne suis pas d’humeur à de telles frivolités.” “Ecoutez donc cette pauvre soigneuse qui un jour vous a sauvé la vie”, dit-elle,” S’il vous plaît, dites-moi ce que vous voyez.”

Dans un ton résigné, tel celui de parents fatigués par des enfants turbulents, il lui dit, “Je vois les grandes portes de la ville, bâties dans l’or le plus pur et serties des plus beaux joyaux. Je vois des hommes et des femmes arpenter ses créneaux, vêtues de nos plus belles armures et portant nos meilleurs arcs.”

“Je vois”, dit l’Hamadryade, “Et que voyez-vous d’autre?”

“J’entends le rire d’un peuple qui découvre la nouvelle saison. Ce peuple devrait être en train de mourir de faim, et pourtant il célébre comme s’il s’agissait du zénith de la saison des récoltes. J’ai cherché durant des mois les tunnels cachés via lesquels la ville reçoit ses provisions, sans rien trouver. Me direz-vous où ils se trouvent?” répondit-il.

“Je vous promet que je vous répondrai si vous faites une chose pour moi,” dit-elle.

“Demandez,” répondit Nuada rapidement, anxieux de découvrir ces routes cachées, et ainsi couper le ravitaillement de la ville, rendant le siège plus simple et plus rapide.

“Laissez-moi vous toucher tel qu’un jour je l’ai fait,” dit-elle, douce telle une mère s’adressant à son enfant apeuré.

“C’est tout? Bien sûr que vous pouvez me toucher. Mais sachez que si vous essayer de me jouer un tour, mon toucher sur votre gorge sera la dernière chose que vous sentirez,” dit Nuada, souriant d’un air un brin maléfique.

“Bien entendu, mon seigneur,” répondit-elle sarcastiquement, s’approchant lentement vers lui.

Lorsque l’Hamadryad atteignit Nuada, elle plaça sa main droite sur sa tête, et non pas son bras comme il s’y attendait. Il pensât tout d’abord qu’il s’agissait d’un tour, mais il se souvint qu’elle lui avait fait la même chose lors de leur première rencontre, des décennies auparavant. Il se détendit alors qu’elle commençait à chantonner dans la langue des soigneurs. le Pouvoir répondit de suite à ses incantations et commença à circuler en elle. Sa peau se mit à briller au rythme de son sort. Les yeux de Nuada se fermèrent, alors qu’un globe de lumière pure lui entourait la tête. Alors que celui-ci faisait le tour de Nuada, il cria et, par reflexe à la douleur, projeta la pauvre soigneuse à l’autre bout de la tente. Il se prit la tête, comme poignardé par des dizaines de dagues, essayant de bien que mal de contenir ses cris. Ses hommes aussi commencèrent à souffrir des mêmes maux, alors que la soigneuse continuait son incantation. Les paroles invoquaient de puissantes forces, sortant du sol et se propageant rapidement sur toute l’armée de Nuada. Les cris atteignirent leur paroxysme, dans une cacophonie de douleurs et de souffrances, que personne n’avait vu dans cette région depuis bien des temps. Heureusement, aussi rapidement et violemment qu’ils étaient arrivés, les douleurs et les cris prirent fin. Se remettant des effets, Nuada se rua vers la soigneuse, le visage déformé par son seul désir, tuer. La soigneuse le savait bien, et elle plaça sa main droite face à lui, tout en s’agenouillant.

“Coupez mon bras si je vous ai offensé Nuada, mais avant tout, regardez votre bras s’il vous plait,” dit-elle.

Sans réfléchir, Nuada jeta un oeil sur son bras, et ce qu’il vit l’horrifia. Ce n’était pas un joli bras doré, mais plutôt une sorte de patte d’araignée. Pire encore, son épée noire, sa grande fierté, n’était qu’un amas de lames, d’os et des pics. Refusant de voir la réalité en face, il leva son épée pour la frapper.

“Que m’avez-vous fait?,” dit-il. “Rien de plus que de vous libérer du sort dont vous étiez victime mon seigneur,” dit-elle sans crainte, “Si vous ne me croyez pas, sortez et montrez le à vos hommes, comme si la réaction de ceux ici présent ne suffisait pas à vous démontrer que vous vous voilez la face.”

Nuada regarda alors autour de lui dans la tente, et il vit qu’elle avait raison. Ses hommes le regardaient comme pour la première fois, terrorisés.

“C’est impossible. Cela ne peut être ainsi,” dit-il.

“Ça l’est, même si j’aimerais aussi le contraire,” répondit-elle tristement.

Nuada courut hors de la tente, et tout le monde réagit tel que les hommes dans la tente. Il s’élança à travers le camp, cherchant une personne capable de le percevoir tel qu’il était vraiment, et non pas cette vision déformée par un quelconque sort que la soigneuse lui aurait jeté. Oui, pensa-t-il, c’était de sa faute. Ce devait être un mauvais tour. Il était sur le point de retourner dans la tente pour la tuer, et ainsi briser ce soi-disant enchantement, lorsqu’il vit qu’il se trouvait face aux portes de la ville. Aussi horrifiant que ce qu’il avait vu jusqu’à maintenant, il fut pétrifié face à ce qu’il avait devant lui.

Les portes de la ville n’étaient pas dorées, dépouillées du moindre signe de richesse. Elles n’étaient pas non plus fermées, mais ouvertes à la vue de tout le monde. Il avait pris de siège une ville aux portes ouvertes? Il regarda vers les créneaux, et il ne vit pas de bataillons, sinon des squelettes.

“Cela n’est pas possible. Je refuse cette fausse vision,” cria-t-il.

“C’est la réalité Nuada, refusez-la si vous le souhaitez,” lui dit la soigneuse, qui s’était approchée silencieusement de lui.

“Que suis-je en train de regarder?” Implora-t-il.

“La vérité, rien de plus,” dit-elle.

“Que s’est-il passé ici? A moi, à notre monde?” dit-il.

“Vous êtes sous l’emprise d’un sort terrible Nuada. Un de ces pouvoirs que je ne suis capable de supprimer totalement, et que je ne pourrais contenir que peu de temps. Pour notre ville, cela fait des décennies qu’elle a été désertée,” dit-elle, “Il n’y a plus un seul être vivant de notre peuple ici. Il n’y a qu’un statue d’un dieu cyclope nommé Balor.”

“Je me souviens de cette statue, lors de ma bataille avec Bres,” répondit Nuada.

“Oui, cette statue était là, mais ce n’était pas une créature vivante, ou du moins, nous ne le savions pas encore. Il s’agit maintenant d’un être maléfique qui draine l’énergie vitale de nos terres et notre peuple. Son influence s’est étendue sur tout le pays, la corruption avançant de ville en ville par la sol même,” lui expliqua la soigneuse.

“Et Bres?”

“Il vola tous les trésors de la ville, et à l’aide d’un groupe de ses hommes, partit de la ville, il y a des dizaines d’années. Il a laissé notre peuple en guise de paiement à Balor, remboursé bien plus que généreusement pour l’avoir aidé à vous renverser…” “Je me vengerai moi-même de Balor, puis je trouverai Bres et le tuerai, et reprendrai tous nos trésors,” dit Nuada, prit de toute sa colère.

“Même si j’aimerais que tout cela soit vrai, je ne peux vous mentir. Vous n’êtes plus le roi que vous étiez.”

“Bien sûr que non! Je me sens bien mieux que jamais. Ce bras peut paraître un cauchemar mais il se bat à merveille, tout comme mon épée.”

“Tout ceci n’est qu’illusion mon seigneur. Je peux voir les dégâts que ce bras et cette arme vous ont causés, et ils sont considérables. Vous êtes proche de votre fin, ce bras et cette arme vous consumant certainement.”

“Vous mentez!” dit Nuada, mais avec moins de conviction cette fois.

La soigneuse remua la tête tristement, et s’agenouilla de nouveau devant lui. Elle prit sa propre arme et la tendit vers Nuada.

“Si vous pensez réellement cela, alors tuez-moi maintenant, mais, par pitié, utilisez mon arme et non pas la vôtre. Je ne veux pas vous faire souffrir davantage pour aujourd’hui,” dit-elle.

Nuada leva son arme, comme sur le point de la frapper, mais s’arrêta à mi-chemin voyant le regard profond dans ses yeux. Elle était pleine de pitié, non pas pour elle, mais pour lui. Il y vit ce même visage qu’elle avait eu des jours durant, et ces mains qui l’avaient ramené à la vie. Aussi bien qu’il souhaitait croire toutes ces choses qu’il avait vu jusqu’à maintenant, il savait dans le fond que quelque chose n’allait pas, qu’il y avait un problème avec le marché qu’il avait conclu. Il ne voulait pas croire la vérité; le mensonge lui était bien plus plaisant et facile à accepter. Comme il le fit dans The Depths, il releva une fois de plus sa vision du Voile, et alors que le pouvoir se concentrait autour de lui, il laissa tomber sa tête tristement.

“Non, je ne peux pas, je sais que vous raison. A mon sujet… A propos de cette arme maudite…. J’ai encore échoué.”

“Non Nuada, vous n’avez pas encore échoué. Il y a peut-être encore de l’espoir pour vous et votre peuple.”

Ainsi s’achève la partie IV.

Source : http://camelotunchained.com/fr/mise-a-jour-87-nuada-partie-iv/

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